Les zoos contribuent-ils à la préservation des espèces?

damien lecouvey herpetologue français

L’animal en captivité est une forme de divertissement au même titre qu’un parc d’attraction. Sujets à controverse et souvent au cœur des polémiques, il semble important de s’interroger sur l’aspect éthique des zoos. Se vantant de participer à la préservation des espèces, nous allons essayer de voir si c’est réellement le cas.  Ayant évolué sur leur mode de fonctionnement, le bien être animal semble aujourd’hui prendre une part importante dans l’aspect organisationnel de…certains parcs.  Car finalement, malgré une amélioration des espaces, qui n’a jamais croisé le regard vide d’un animal derrière sa clôture?  Ce dernier supportant le va et vient intempestif des visiteurs armés d’appareils photos et de paquets de pop-corn…

Quelques chiffres: (sources Société.com)

Pour le zoo de Beauval en 2018:

59 816 200.00 € de chiffre d’affaire et un résultat net de 4 538 200 euros.

Pour le zoo d’Amnéville en 2018:

13 768 900 € de chiffre d’affaire et un résultat net de 8600 euros. (-628000 euros en 2017 et un placement en redressement).

Pour Marineland:

4 566 300 €  de perte.

Certains grands zoos sont des sociétés, donc à but lucratif, ou d’autres comme le parc de l’Auxois sont montés en association et donc à but non lucratif.  On remarque finalement qu’il peut y avoir de très fortes disparités financières d’un parc à l’autre.  On constate que Beauval  réalise un très gros bénéfice, dont une grosse part est réutilisée à des fins de protection de la biodiversité, alors que Marineland perd quasiment 5 millions d’euros et se retrouve au centre de nombreux scandales. Ceci peut engendrer des questions…la course à l’équilibre financier pourrait-elle conduire à des tentatives d’économies sur la qualité de vie de l’animal? Au final nous ne connaissons pas de sociétés qui ne cherchent pas à réaliser de profits…

La préservation des espèces:

Une partie des bénéfices de certains parcs est réutilisée à des fins de protection, de tentatives de réintroduction ou de préservations d’espèces menacées. Ces initiatives sont bien évidemment respectables, et le travail des spécialistes sur le sujet est indéniable. Beauval a par exemple participé à la réintroduction de gorilles au Gabon en collaboration avec l’association Aspinall. Cependant il faut savoir que la naissance en captivité entraîne une forme d’évolution de l’espèce, et que la chance de survie en milieu sauvage sera faible voire quasi impossible pour beaucoup.

Des zoos communiquent souvent sur les réussites de reproduction d’espèces particulièrement menacées. Cela semble être positif au premier abord. Mais avec du recul, la sauvegarde en captivité a-t-elle réellement un sens? Certaines espèces sont très complexes à réintroduire en milieux naturels, et par conséquent la reproduction engendrera un maintien de l’espèce en milieu clos uniquement. C’est ainsi que 31 espèces ont disparu de la vie sauvage et n’existent plus qu’en captivité.  Il faut savoir que les tentatives de réintroduction coûtent extrêmement cher et prennent beaucoup de temps ,mais certains parcs jouent le jeu. Le zoo aura probablement un rôle important dans le futur sur ces différents programmes, et sera la dernière chance avant une potentielle extinction totale.

De grandes disparités:

Sans même parler de certains zoos à l’étranger dont les conditions de vie des animaux sont absolument abominables, on peut constater de réelles disparités rien qu’en France. Il peut y avoir des associations qui gèrent de très petits zoos,  avec peu d’espèces mais qui placent le bien être animal au centre des préoccupations.D’ailleurs ces associations récupèrent bien souvent des animaux détenus illégalement, ou ayant été parfois maltraités. Il peut aussi y avoir des grosses structures qui garantissent des spectacles de hautes volées…mais pensez vous qu’un bassin de 60 mètres suffira à un orque de 5 tonnes? Il est par contre difficile de faire des comparatifs sur l’espérance de vie en milieu naturel et la captivité car il existe de très grandes différences en fonction des espèces. Les cétacés captifs sont d’ailleurs au cœur de nombreuses polémiques depuis quelques années.

Des parcs ont fait de gros efforts pour tenter de rapprocher les enclos du milieu d’origine de l’animal.  Même dans un espace amélioré, un éléphant par exemple a besoin physiologiquement de parcourir de nombreux kilomètres pour s’épanouir. On peut aussi reprocher le manque d’endroits isolés pour les animaux, pour qu’ils puissent se cacher du public quand ils le souhaitent. Certaines espèces subissent donc beaucoup plus que d’autres la captivité.

L’information au public:

Des panneaux informent en général l’état de menace de l’espèce dans son milieu. Il semble complexe que l’aspect divertissant du zoo puisse suffire à engendrer une vraie prise de conscience pour le visiteur. Parfois les informations sont très succinctes voire imprécises  et il est rare de voir des gens s’attarder sur ces informations.

Quels contrôles?

En France, l’arrêté du 25 mars 2004 fixe les règles de fonctionnement et les caractéristiques générales des installations des établissements zoologiques , présentant au public des spécimens vivants de la faune locale ou étrangère et relevant de la rubrique 21-40 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l’environnement.

Une directive européenne a engendré un rapport par pays. Un panel de 25 zoos a été sélectionné au hasard et a fait l’objet d’un contrôle. Il en ressort qu’en moyenne à peine 17% des espèces présentes dans les parcs sont classifiées de menacées. Moins de la moitié des établissements participent à des programmes de préservation. Le rapport mentionne aussi que la sensibilisation du public est trop faible et qu’un enclos sur quatre n’est pas adéquat à l’espèce concernée. Et au final trois zoos sur vingt-cinq ne sont pas en phase avec l’arrêté de mars 2004.

Finalement à la question du rôle des zoos dans la préservation des espèces menacées, la réponse n’est pas binaire. De vraies disparités sont constatées, et même sur les programmes de réintroduction de grands parcs, les résultats sont difficilement quantifiables à court terme. Le problème est assurément en amont, avec la destruction massive de l’environnement des animaux de la planète. Sans changements radicaux, la liste des espèces disparues va augmenter de façon exponentielle. Il semblerait alors que sans espaces sauvages adéquats, les tentatives de réintroduction seront vouées à l’échec.

Comment fabrique-t-on un anti-venin?

damien lecouvey herpetologue français

125000!  C’est le nombre de morts par an par envenimation de venin de serpent dans le monde. Le scorpion quant à lui, tue entre 50 et 100 personnes/an rien qu’en Algérie. Ces chiffres soulèvent un véritable problème de santé publique. Malheureusement, l’anti-venin n’est pas accessible partout, et c’est souvent les pays les plus pauvres qui sont le plus durement touchés par ces statistiques.

Un peu d’histoire

Les premiers travaux de recherche antivenimeux sont présentés à la société de biologie en 1894 par deux français: Césaire Phisalix et Gabriel Bertrand. Un médecin et bactériologiste français, Albert Calmette va créé en 1895 le premier sérum antivenimeux pour traiter une morsure de cobra indien. On lui doit aussi une forte contribution dans l’élaboration du vaccin anti-tuberculeux BCG. Le docteur Calmette pense alors avoir découvert un sérum universel sur toutes les morsures de serpents, ce qui sera contre-prouvé quelques années plus tard par le docteur brésilien Vital Brazil: pour lui aucun doute, il faut un anti-venin pour quasiment chaque espèce venimeuse.

damien lecouvey herpetologue français

Comment fabrique-t-on un anti-venin?

L’élaboration d’un anti-venin pourrait presque paraître simple: un échantillon de venin prélevé sur l’animal va être dilué puis injecté à un mammifère, souvent un cheval.  Ce dernier va produire des anticorps que l’on va pouvoir prélever pour les ré-injecter à l’homme.

Pourquoi utilise-t-on un en général un cheval?

L’équidé supporte bien les prélèvements sanguins,même massifs. Bien que l’on pourrait utiliser n’importe quel gros mammifère, ce mode de fabrication paraît aujourd’hui dépassé  car cela soulève la notion du bien être animal.damien lecouvey herpetologue

Existe-t-il plusieurs types d’anti-venin?

On retrouve 2 types d’anti-venin:

  • Les monovalents: agissent sur un seul type d’espèce venimeuse
  • Les polyvalents: agissent sur une famille d’espèce, ou sur les espèces présentes géographiquement dans la même zone

Il faut noter aussi que les sérums peuvent être sous forme liquide (mais se conservent au froid sur un temps limité), ou lyophilisé qui se conservent à température ambiante sur une durée bien plus longue: l’avenir sera au lyophilisé.

Un stock menacé?

La pénurie guette bien des hôpitaux… certains laboratoires ayant même arrêté la fabrication de certains anti-venins ce qui engendre un gros risque sanitaire pour les années à venir. Le coût particulièrement élevé des doses ferme l’accessibilité aux soins dans les zones les plus pauvres de la planète. Des ONG ont d’ailleurs informé sur la crise possible d’un manque de sérums. Et si ces derniers se raréfient, le prix risque d’exploser.damien lecouvey herpetologue

Quel avenir?

Un anti-venin à spectre large pourrait peut-être voir le jour. Des laboratoires se consacrent à plein temps à la recherche et à l’optimisation des sérums anti-venimeux. Une réduction du coût de fabrication ne sera possible qu’avec une modernisation du processus de fabrication, et l’appui des pouvoirs publics quant au financement des recherches.

damien lecouvey herpetologue

Complexes, variés dans leur mode d’action, les venins sont polypeptidiques: chaque peptide engendre une action du venin. Les enzymes composant le venin vont avoir des effets variés sur le corps humain: dégradation sur les composés chimiques, dégradation de la cellule etc. Le but de l’anti-venin est d’agir sur les toxines et de les capter pour les neutraliser. De fabrication longue, les hôpitaux ont tendance à voir les stocks se réduire. Il paraît donc vital de changer le processus d’élaboration voire une action de plus en plus polyvalente sur les toxines.

L’intégration à la Société Des Explorateurs Français

Damien Lecouvey membre société explorateurs francais

En mai 2019, j’ai eu l’honneur d’intégrer la Société des Explorateurs Français,  association qui regroupe entre autres, des explorateurs, des scientifiques et des écrivains.   La SEF c’est avant tout la rencontre de toutes ces spécialités, dans un esprit de partage entre ses membres. Reconnu d’utilité publique, elle contribue à transmettre les valeurs de l’exploration passée, présente et future.

Un peu d’histoire

Le 30 juin 1937 marque la naissance du Club des Explorateurs, fondé par les grands noms de l’exploration du moment: Ella Maillart, Jean de Guébriant, Théodore Monod, Paul Emile Victor…au total une quinzaine d’hommes et femmes vont devenir les précurseurs de l’actuelle Société des Explorateurs Français.  De la création à aujourd’hui, cette dernière a rassemblé bien des spécialistes,Jacques Soubrier, Jacques-Yves Cousteau,Jean-Louis Etienne…la liste est longue. Il serait complexe de tous les citer ici mais, chacun a une histoire particulière.  Vous pouvez retrouver la liste des anciens sociétaires sur le site de la SEF.

damien lecouvey membre societé eplorateurs français

Fonctionnement actuel

Le bureau

Olivier

Archambeau

Président

Christian

Clot

Vice président

Véra

Frossard

Conseillère, directrice de Lumexplore

Stéphane

Dugast

Secrétaire général

Rémi

Borredon

Trésorier

Simon

Allix

Chargé de mission

Le comité directeur est quant à lui composé de 18 membres.

damien lecouvey herpetologue à la societé des explorateurs français
Les locaux de la SEF sont situés au 184 boulevard Saint Germain à Paris

Comment intègre-t-on la Société des Explorateurs Français?

Dans des domaines d’activités qui peuvent être très larges, le candidat doit avant tout justifier d’une grande expérience. Le travail de terrain,et le rapport à la science constituent un vrai plus pour le prétendant. Les métiers de l’écriture, du journalisme et de la réalisation peuvent aussi être représentés.

Une fois que la candidat dispose de l’expérience nécessaire, il lui faudra trouver deux parrains membre de la SEF qui rédigeront des lettres de parrainages. Le candidat préparera lui, un CV et une lettre de motivation. Pour ma part j’ai présenté ma candidature à l’écrit, puis à l’oral devant le conseil d’administration début mai 2019. Mes parrains étaient Régis Belleville et Olivier Weber que je remercie tout particulièrement pour la confiance qu’ils m’ont accordée.

damien lecouvey société des explorateurs français
Régis Belleville, explorateur saharien, l’un de mes parrains

L’intégration à la SEF a été pour moi un véritable honneur. Bercé par les lectures des grands noms qui ont fondé puis contribué à la Société, je peux aujourd’hui partager avec des gens qui m’ont donné à mon tour le goût de l’exploration.

La SEF c’est aussi l’organisation du festival Lumexplore  :Les Lumières de l’Exploration » (Festival du Film d’Exploration Scientifique et Environnementale).  La Société des explorateurs français et la Guilde Européenne du Raid organisent aussi tous les premiers mardis du mois des « Cafés de l’Aventure » au Café Zango, 15 rue du Cygne 75001, Paris

Damien Lecouvey.

Cet homme s’est fait piquer par les insectes les plus douloureux de la planète !

damien lecouvey herpetologue français
The sting of the wild, par Justin O. Schmidt

Vous n’avez probablement jamais entendu parler de Justin O. Schmidt, entomologiste canadien qui a pourtant révolutionné l’étude des insectes « piquants ». Si vous êtes à l’aise en anglais je vous invite à lire son fabuleux livre « The sting of the wild ».  Dans ce dernier, outre son histoire Monsieur Schmidt explique comment il a créé l’échelle de la douleur des piqûres d’hyménoptères.

Mais alors comment ça marche ?

Les hyménoptères regroupent la famille des fourmis, abeilles et autres frelons divers et variés. A partir des années 80, l’entomologiste va s’intéresser de très près au venin de ces insectes, et notamment l’effet provoqué sur le corps humain quant à la douleur qu’il engendre. Du jamais vu ! Pour se faire il va simplement se faire piquer par plus de 100 espèces et établir un classement de 0 à 4.

damien lecouvey herpetologue français
                Abeille à miel Apis mellifera

0 sur l’échelle de Schmidt correspondra à une piqûre dont le ressenti est nul pour l’être humain, jusqu’à 4 pour les espèces les plus douloureuses. L’abeille à miel, va servir de référentiel avec une cote à 2. Il qualifie la douleur de cette dernière comme « une allumette qui brûle la peau ». Toute l’échelle découle alors de ce constat.

Voici un tableau avec quelques exemples :

Espèce Niveau de douleur
Fourmi sauteuse indienne Harpegnathos saltator 1
Fourmi rouge de feu Solenopsis invicta 1
Fourmi géante Dinoponera gigantea 1.5
Abeille cactus Diadasia rinconis 1
Abeille Lasioglossum spp. 1
Petite guêpe Polybia occidentalis 1
Guêpe papier Polistes versicolor 1.5
Fourmi géante africaine Streblognathus aethiopicus 2
Fourmi noir tropicale Neoponera villosa 2
Abeille à miel Apis mellifera 2
Guêpe à miel Brachygastra mellifica 2
Frelon nocturne Provespa sp. 2.5
Fourmi récolteuse de Floride Pogonomyrmex badius 3
Fourmi récolteuse d’Argentine  Ephebomyrmex cunicularius 3
Guêpe papier géante Megapolistes sp. 3
Fourmi balle de fusil Paraponera clavata 4
Guêpe mygale Pepsis spp. 4
Guêpe guerrière Synoeca septentrionalis 4

Dans les espèces à 4 sur l’échelle nous retrouvons la fameuse fourmis dite « balle de fusil ». J’ai moi même accidentellement été piqué et je ne peux que confirmer la description de Mr Schmidt. « Douleur atroce, immédiate, c’est comme marcher sur des braises avec un clou planté dans le pied ».  Cette espèce est utilisée dans des rites initiatiques pour devenir adulte dans certaines tribus d’Amazonie, avec des enfants qui doivent laisser leurs mains plusieurs minutes dans une nasse remplie de ces fourmis c’est dire leur courage.

Fourmi « balle de fusil » by Dom Granger

D’un point de vue purement scientifique, cette échelle reste à mon sens assez subjective et pourra variée d’un individu à l’autre. Clairement nous ne sommes pas tous égaux face à la douleur. Mais nous avons là bel et bien un vrai exemple de courage pour la science, avec un entomologiste passionné et fascinant qui a su classifier la douleur sur une échelle à 5 niveaux (de 0 à 4). Alors, un courageux pour aller vérifier les dires de Monsieur Schmidt…?

Pourquoi nous ne sommes pas tous égaux face aux piqûres de moustiques ?

moustique tigre damien lecouvey herpetologiste

Véritables vecteurs de maladies, telles la dengue ou le paludisme, les moustiques représentent un vrai problème de santé publique. Pas moins de 3500 espèces sont présentes sur la planète et le seul pays épargné est…l’Antarctique. Toutefois, on dénombre nettement moins d’espèces pouvant piquer et seules les femelles le font.

Pourquoi le moustique nous pique ?

A l’issu de la fécondation, les protéines contenues dans le sang vont contribuer à nourrir les œufs c’est pourquoi la femelle cherchera à vous piquer.damien lecouvey herpetologue

Pourquoi ça démange ?

Nous avons tous connu des crises de démangeaisons sévères à la suite de piqures multiples : cela est dû à l’injection d’un produit contenu dans la salive qui fera office d’anticoagulant. Sans ce produit injecté, le moustique ne pourrait pas prélever de sang.damien lecouvey herpetologue

Mais alors qu’est ce qui attire les moustiques ?

On entend souvent « si tu es avec moi, tu ne risques rien, tous les moustiques sont pour moi ! ». Est-ce bien vrai ?

Eh bien oui ça peut ! Statistiquement parlant, les femmes sont plus souvent attaquées que les hommes : leur peau plus fine sera plus facilement percée par le moustique mais il existe plusieurs autres paramètres qui favorisent ou non les piqûres.

Première cause, l’émission de CO2 (dioxyde de carbone) que vous expirez et qui attire naturellement les moustiques. Des personnes en émettent plus que d’autres et deviennent ainsi une proie de choix pour l’insecte qui peut identifier un rejet de CO2 à plusieurs dizaines de mètres.

Deuxièmement, votre groupe sanguin va être un des vecteurs pouvant favoriser l’attrait du moustique à vous piquer. Une étude a ainsi pu prouver que les personnes du groupe O (positif ou négatif) seront beaucoup plus sujettes aux piqûres de part la sécrétion plus importante de glucide ( on pourrait imager en parlant de peau sucrée).Au contraire, vous avez moins de chance d’être piqué si vous êtes du groupe A. Pour le B, vous vous situez à mi-chemin.

Troisième cause, la température corporelle. Par exemple, l’exercice physique va chimiquement entraîner entre autres des émissions d’acide lactique, tout comme une montée de la température corporelle : un cocktail gagnant spécial piqûre ! Si l’on prend le cas d’une femme enceinte : on cumule une augmentation d’émission de CO2 avec une température corporelle légèrement plus élevée : le moustique passant par là se frotte déjà la trompe !

Enfin, même la quantité de bactéries présentes sur votre peau sera facteur ou non de piqûres :

  • Grande présence de bactéries de faible diversité= risque accru
  • Grande présente de bactéries de grande diversité = risque moindre

damien lecouvey société explorateurs français

Si on établie la liste des pathologies qui peuvent être transmises par le moustique il ne faudrait pas miser sur votre groupe sanguin pour espérer être immunisé. Protégez vous avec des lotions anti-moustiques avec une concentration minimale  en DEET (Diéthyl-3-méthylbenzamide) de 30%. Il faut retenir que le moustique est l’animal qui tue le plus dans le monde. On dénombre environ 725000 décès/an  dans le monde. En deuxième place…c’est l’être humain qui provoque le plus de décès avec environ 425000 morts.

Les serpents que j’espère observer en Equateur

damien lecouvey aventurier

Mars arrive à grand pas, et le séjour de survie que j’encadre au cœur du berceau de la forêt amazonienne me laisse espérer quelques belles rencontres. Avec près de 180 espèces et une diversité des plus importantes de la planète, l’exercice risque d’être difficile et périlleux. Avec ma collègue Dominique Granger brillante photographe d’aventure, j’espère vous ramener des clichés de toutes les espèces ci-dessous.

Le boa émeraude (corallus caninus)

 

Probablement une de mes espèces  préférées de boidae. Son nom provient de la couleur émeraude de sa robe. La difficulté pour observer ce serpent est surtout dans le fait qu’il vit en permanence dans les arbres, et ne descend au sol que de nuit pour chasser. Ça tombe bien je n’avais pas l’intention d’aller dans la jungle pour dormir.Autre élément fascinant : ovovivipare, les bébés de cette espèce naissent de couleur rouge et obtiennent leur robe définitive après quelques mois.

Le célèbre anaconda vert (Eunectes murinus)

 

En 2016 Dans le cadre d’un documentaire de la BBC, l’aventurier et réalisateur Gordon Buchanan partait à la rencontre de la tribu des Waorani. Il avait pu alors observer en Equateur un anaconda de plus de 5m. Bien des légendes circulent autour de ce géant d’Amazonie, mais on est bien loin des films des années 90 du même nom aux effets spéciaux douteux. Beaucoup de gens le considèrent à tort comme le plus grand serpent du monde, alors qu’il s’agit en fait du python réticulé. Lors de notre avancée en pirogue sur le fleuve, j’espère que la chance sera de notre côté pour observer ce gros reptile.

Le bushmaster (Lachesis Muta)

 

Nombreux sont les herpétologistes qui rêvent de croiser ce reptile, qui est le plus grand serpent venimeux d’Amérique du sud. Rare, ce serpent fait partie des viperidae, d’ailleurs certains le surnomment vipère à tête noire, ou encore grage à grands carreaux. La quantité de venin cytotoxique qu’il peut vous injecter lui fait bien mériter son nom de « maître de la brousse ».

Le bothrops

 

J’ai eu la chance de rencontrer plusieurs fois cette espèce dans la jungle ; De la famille des viperidae il est probablement le serpent qui cause le plus grand nombre de morsures en Amérique du Sud. Relativement courant, il aime se cacher sous les souches et dans les branchages.Son venin va avoir un impact sur la coagulation sanguine car il  dégrade le collagène, la gélatine, la fibronectine, le fibrinogène et la fibrine .Pour faire simple, votre sang va devenir beaucoup trop liquide et vous allez faire diverses hémorragies internes et externes.

Le serpent corail

 

Le seul elapidae de mon article. C’est un serpent craintif et les cas de morsures sont rares, mais son venin neurotoxique est redoutable pour l’homme : une paralysie du système nerveux peut entraîner la mort par insuffisance respiratoire. Attention, on peut le confondre avec le faux corail, et la règle de l’ordre des couleurs n’est valable qu’en Amérique du Nord ; En effet  aux USA le corail aura toujours l’ordre de couleur suivant :rouge-jaune-noir-jaune-rouge. D’où le dicton « noir sur jaune, tue la faune ». Malheureusement en Amazonie cela ne fonctionne plus.

Verdict à notre retour fin mars ; J’espère pouvoir vous ramener le plus grand nombre de photos des serpents cités ci-dessus, et pourquoi pas d’autres espèces car dans cette immensité de la biodiversité, je pense que nous aurons bien des surprises…

Le serpent du mois: le rinkhal

damien Lecouvey herpétologie herpétologiste herpetologue

Damien Lecouvey expert français serpents

Présent dans un grande partie de l’Afrique du sud, au Swaziland et au Zimbabwe, Hemachatus haemachatus fait partie de la famille des elapidaes. Il mesure autour d’un mètre, mais des spécimens d’un mètre cinquante ont été recensés dans la savane, les forêts peu denses, voire en ville aux alentours de Johannesburg. Ce serpent est parfois difficile à identifier car les couleurs varient du brun foncé au noir, noir à bandes jaunes etc. Seule une étude des écailles  vous permettra d’en être sûr.

  • entre 17 et 19 rangées au milieu du corps
  • entre 116 et 150 sur la partie ventrale
  • entre 30 et 47 écailles sous-caudales

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Première erreur, ce serpent n’est pas un cobra même s’il lui ressemble fortement. Tout comme le « black spitting cobra » il a la capacité de cracher son venin (potentiellement jusqu’à 3m). Ce dernier est neurotoxique et peut engendrer une mort par asphyxie (toutefois les cas de morsures sont rares).  Ce serpent est parfois difficile à identifier car les couleurs varient du brun foncé au noir, noir à bandes jaunes etc…

Deuxième erreur courante : on le croit souvent mort et là les accidents peuvent survenir notamment avec les enfants. En effet, c’est un bon acteur qui peut faire le mort quand il se sent en danger. Les enfants tentent alors de le ramasser et se font mordre. On notera surtout des cas de morsures sur les chiens et les chats.

Dans son quotidien, le rinkahl se nourrit de lézards, d’oiseaux, d’autres serpents et d’oeufs. Comme souvent dans la savane, il a des prédateurs allant des rapaces, aux autres serpents et passant par les mangoustes.

Pour conclure:

  • Je suis diurne et nocturne
  • J’ai souvent un ventre noir avec des barres blanches sur la gorge
  • Je me dresse comme un cobra
  • Je peux cracher un venin neurotoxique
  • Je fais le mort
  • Je me prélasse au soleil

Maintenant à vous de jouer:

Regardez bien ce serpent…alors est-ce un rinkhal? J’attends vos réponses en commentaires.

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